blockchain, technologie disruptive

“Code is law”, la blockchain n’est pas une tuyauterie mais une innovation qui propose la transparence comme Règle en soi et qui promeut de facto la confiance. L’énergie qu’elle enferme est aujourd’hui au-delà de notre imagination. L’ensemble de son potentiel sera pleinement déployées par les prochaines générations.

Dans les années 70, L’invention du TCP/IP (cette technologie d’échange de données d’un ordinateur à un autre réservée aux chercheurs) nous a téléporté aux web 2.0 qu’on connait tous aujourd’hui. Quatre décennies ont suffi à cette technologie pour transformer totalement le monde jusqu’au plus profond de nos consciences, avec la généralisation des réseaux sociaux et de tout ce que cela implique… Combien faudra t’il de temps à la blockchain pour se fondre dans les usages les plus courants et avec quelles répercutions ?

D’abord, en supprimant les intermédiaires, la blockchain fera disparaître d’elle-même les structures qui réalisent leur business modèle sur son innovation. L’entreprise, à l’image d’aujourd’hui, dans son cadre commercial, légal et juridique, est condamnée à disparaître au profit d’une “communauté d’entreprise”, un genre de scop décentralisé sans limite de capital social et de droits de vote pour les associés. Sur une blockchain publique (de par nature totalement décentralisée), la communauté d’utilisateurs fait naturellement loi et le mode open source participe grandement à lubrifier automatiquement la machine par le degrés d’intervention des contributeurs les plus actifs. Il est facile d’imaginer que ces derniers soient appelés à être rémunérés de manière évidente et récurrente par la communauté d’utilisateur. La gouvernance change alors logiquement de main, tout comme les perspectives du projet initial ou en cours ; l’entreprise n’a pu lieu d’être si ce n’est pour coordonner et animer cet ensemble. Dés lors, le modèle associatif devient roi. Sur le même sujet et par effet ricochet, il est probable que la blockchain généralise le télétravail indépendant comme style de vie générique des générations futures, et ceux dans l’ensemble des secteurs du tertiaire. Même si cela fait encore parti de la science-fiction, la blockchain propose à l’humanité une forme d’auto-gérance collaborative rémunérée.

Dans notre monde capitaliste rouillé, notre économie est orientée exclusivement suivant l’axe de rentabilité et nombreux sont ceux qui pensent que l’homme dans son ensemble à désormais le pouvoir de valoriser autrement le travail. Les crypto-monnaies participeront à cette mutation tout comme elles permettront à terme d’obtenir l’ensemble des services et des biens disponibles. Le phénomène des ICO (Initial Coin Offering) est quant à lui particulièrement intéressant et plébiscité aujourd’hui dans sa capacité à lever des fonds rapidement et sans l’aide d’aucun acteur/prêteur traditionnel (Le navigateur Brave a par exemple levé 35 millions de dollars en moins d’une minute). Il n’est pas impossible d’imaginer que des “Local ICO” permettront peut être un jour de dépasser le champ des startups pour toucher toutes les entités utiles à la vie courante. Des “Local ICO’ pourraient très bien participer au lancement d’une ou plusieurs entités physiques de type sociales et même commerciales pour faciliter la vie d’une “communauté” physique et non pas virtuel. Piloté majoritairement par une communauté virtuelle locale (ou pas), elles verraient le jour par le biais d’un mécanisme de lancement initial de type crownfunding totalement développé et automatisé au sein d’une blockchain Ethereum.

Il serait vain de ne pas vouloir admettre que les richesses et le pouvoir sont effectivement répartis depuis longtemps dans les mains de quelque-uns ; mais au détriment de combien d’autres ? De facto, la révolution blockchain annonce surtout une guerre plus complexe et plus dangereuse, celle du droit et du pouvoir.

Le droit de l’ensemble des contrats et des actes que nous connaissons (notaire, avocat, mariage, vente, sécurité, droit d’auteur, assurance, identité, vote, transport, finance, charité, gouvernement, santé, énergie, etc.) va inéluctablement muter à terme grâce à l’introduction des smartcontracts développés par la blockchain Ethereum. Ces contrats intelligents sont développés pour organiser toute la chaîne de décision, ils s’exécutent automatiquement sans le besoin d’une tierce personne pour l’interpréter. Les smartcontracts sont conçus pour automatiser la vérification de la preuve ou d’une clause, ils sont également en mesure d’activer de multiples applications spécifiques qui automatisent de nombreuses procédures. Plus sûre, l’erreur de jugement est ici impossible. Il faut donc s’attendre à l’émergence prochaine de nouvelles règles, d’une nouvelle forme de droit qui sera conçu au sein même de la blockchain, mais surtout, de facto, d’une guerre d’usure qui sera engagée par les lobbies et le pouvoir établi. En effet, pour les puissants, la blockchain est digne d’intérêt mais elle ne doit être utile qu’à préserver leurs intérêts, hors cette mission semble impossible de par la nature même de la révolution blockchain qui est génétiquement conçu pour être sans compromis.

Le monde tel que nous le connaissons est encombré de frontières infinis (économique, douanière, juridique, politique, etc.). Plus transparent, plus collaboratif, plus efficient, plus économique, plus global, plus homogène, la blockchain tend à restituer la liberté aux individus. Elle s’affiche comme une énergie auto-régulatrice de notre propre folie, et dans un sens, c’est peut-être elle qui participera à sauver l’homme de lui-même.

La blockchain répond nativement à une exigence fondamentale, elle dépasse l’idée de nation et elle place le droit et les devoirs à valeur égale pour celui ou celle qui vit au nord ou au sud.

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