Bilan sur formation en crypto-monnaies

Débutant, voici tout juste 2 mois que je nourris un intérêt pour ce secteur. Suite à l’euphorie, il est temps de faire une pause afin de « tenter » de prendre un peu de recul.

Tout d’abord, la Puissance de cette matière rend l’analyse autocritique très difficile

  1. Au départ perplexe sur cette soi-disante technologie parfaite et infaillible, j’ai décidé de creuser le sujet à la recherche de ses points faibles, mais je n’ai à ce jour rien trouvé de probant sur la technologie en elle même. La plupart des critiques redondantes liées par exemple aux impacts environnementaux ou aux nombres de transaction du BTC ont déjà leurs réponses et il ne s’agit désormais que d’une histoire de temps avant que ces problèmes soient entièrement résolus. Puis, en ce qui concerne le blanchiment d’argent, 3 à 4 milliards d’euros d’origine criminelle seraient blanchis chaque année dans les crypto-monnaies selon le directeur d’Europol, Rob Wainwright. En comparaison, 2000 milliards de dollars sont blanchis dans le monde chaque année.
  2. Les représentants du gouvernement sont censés être les relais de confiance pour informer et sensibiliser le plus grand nombre sur cette technologie et les mutations à venir. Hors, les erreurs grotesques dans la compréhension élémentaire de la blockchain et des crypto-monnaies s’accumulent de jour en jour, ce qui tend à discréditer de facto ces élans. Lorsqu’on entend par exemple Bruno Le Maire faire une dissociation stricte entre blockchains et crypto-actifs, on a juste envie de lui souffler que sans crypto-actifs, il n’y a pas de blockchain publique. Disons qu’à mon grand regret, la plupart des détracteurs ont souvent peu de légitimité de par la pauvreté de leurs analyses.
  3. A juste titre, la technologie peut aussi faire peur, mais l’objectif central de la blockchain s’affirme d’abord intrinsèquement dans le rétablissement de la confiance, avec comme objectif de redistribuer du capital au plus grand nombre et de replacer l’individu au cœur des champs décisionnaires. Les cercles vertueux envisageables au sein de multiples applications sont donc si nombreux qu’ils donnent le vertige. La révolution que sous-entend le web décentralisé s’affirme comme une aventure qu’il est difficile de rejeter, simplement parce qu’elle fait peut-être écho à la plus grande des utopies que l’homme n’a jamais osé imaginer.

Quoiqu’on en dise, et malgré des flux d’informations astronomiques et les buzzwords, la blockchain et les cryptos ne sont encore réservés qu’à un monde d’initiés.

Lorsqu’on intègre ce far west, et malgré toutes les informations disponibles, on se sent aussi vite seul, voir carrément perdu. Quoiqu’on en dise, pour un débutant, il n’est pas si facile de trouver des réponses à ses questions et un investissement personnel conséquent est nécessaire pour commencer à s’émanciper sur ce sujet.

Toutes les communautés qui adhérent à ces thèmes –et aussi différentes soient-elles– poursuivent pour la plupart des échanges qui ne peuvent pas dépasser leur zone de confort, et lorsque certains font la promotion d’une certaine vulgarisation, c’est surtout dans le but de vendre leur formation de gourou et/ou pour récupérer de l’argent via des liens d’affiliation. Le secteur des cryptomonnaies et des ICO relaie également une forme de marketing puant avec des offres faisant plus penser à des cartons de lessive qu’à des applications révolutionnaires.

Pour la majeure partie des individus, comprendre les cryptomonnaies et la blockchain demande beaucoup d’énergie. Les éléments de langage constituent une frontière certaine à la compréhension de son utilisation et de ses enjeux et cette réthorique participe naturellement à disrupter de facto la majeure partie des individus qui pourraient s’intéresser au sujet. Hors, la potentialité de la blockchain ne pourra s’établir qu’avec un soutien large des individus de tous bords.  A ce titre, un travail de vulgarisation « extrême » devrait être opérer dès maintenant par l’ensemble des protagonistes, car face à la force du pouvoir et des lobbies qui ne tarderont plus à se mettre en ordre de marche, il ne faudra pas compter seulement sur les early adopters pour établir un contrepoids qui sera à la mesure des forces en présence.

Une grande interrogation, un chômage de masse ?

Si les diverses applications liées à la blockchain voient le jour et s’établissent dans le temps comme de nouveaux standards fonctionnels et économiques, ce qui semblent forts probables, j’aimerai comprendre comment allons-nous éviter l’effondrement de pans entiers de l’économie ?

En supprimant l’ensemble des tiers de confiance, comment ne pas entrevoir des vagues de licenciements de masse dans des secteurs comme l’assurance, la banque, la logistique, la sécurité, l’industrie, le transport, l’immobilier, l’énergie, le commerce, etc. ou bien même au sein de l’état ? Et par quels moyens l’ensemble de ces emplois pourrait être remplacé ?

Compte tenu que la blockchain implémente l’ère de l’intelligence collective, il reste donc à espérer « sagement » que l’ensemble des individus trouveront par eux-mêmes une solution à tous ces postes qui sont condamnés à disparaître dans les 20 années à venir. A ce titre, le revenu universel a de beaux jours devant lui…

Sur ce sujet, un des éléments de réponse réside peut-être dans ce que l’on nomme la « tokenisation » du monde. Afin de mieux comprendre ce terme, lire cet excellent article de Pierre Paperon sur Linkedin.

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Freelance "Artisan de l'image et du digital" depuis 2005, je collabore avec diverses structures dans la création et le développement d'outils de communication. Sensible aux nouvelles technologies, je nourris actuellement un intérêt croissant pour la blockchain et les crypto-monnaies.

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